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Le blog de Laurent Schietecatte, professeur d'histoire-géographie au collège Jules Verne (Nantes)

La bataille de Stalingrad

Publié le 2 Novembre 2016 par lschietecatte in histoire, Stalingrad, Serafima Voronina

Combats dans les rues de Stalingrad, novembre 1942

Combats dans les rues de Stalingrad, novembre 1942

La bataille de Stalingrad, qui s'est déroulée de juillet 1942 à février 1943, a été une des plus sanglante, une des plus acharnée de la seconde guerre mondiale et la 1ère grande défaite de l'armée allemande. Depuis l'opération Barbarossa, déclenchée par Hitler le 22 juin 1941 contre l'URSS, les troupes allemandes ont conquis 1/4 du territoire soviétique mais vont connaître une terrible résistance à Stalingrad comme à Leningrad et dans les montagnes du Caucase pour les empêcher de mettre la main sur les champs de pétrole de la mer noire.

A Stalingrad, "On se bat maison par maison, atelier d'usine par atelier d'usine et même d'une machine à l'autre. La ville devient un gigantesque champ de ruines." (Wikipedia).

L'extrait d'Apocalypse nous plonge dans "l'enfer de Stalingrad". A regarder ici

Serafima Fedorovna Voronina, institutrice et dès le début de la guerre, ouvrière à l'usine Octobre Rouge.

Serafima Fedorovna Voronina, institutrice et dès le début de la guerre, ouvrière à l'usine Octobre Rouge.

Les témoignages de civils sont assez rares. Il existe un manuscrit remarquable de Serafima Voronina qui a été confié à Maurice Schobinger par des descendants de cette jeune enseignante, prise au piège de la guerre avec sa famille. Elle a fini par trouver la mort fin 1942, après avoir tenu, pendant plusieurs semaines, la chronique de sa vie sous les bombardements. En voici quelques extraits :

10 septembre 1942. Jeudi

« Cela fait aujourd’hui déjà 19 jours qu’on est terrés dans notre abri. Le deux septembre, notre secteur a été de nouveau bombardé, en particulier le quartier dans lequel on vit.

Une bombe est tombée dans la ruelle qui passe devant la maison des Mizine, le cratère a provoqué l’effondrement de plusieurs abris, il y a eu beaucoup de morts. Tout autour, les maisons ont été en grande partie détruites, et parmi elles, certaines ont été si endommagées qu’il est à présent impossible d’y habiter.

Trois bombes sont tombées près d’ici, une devant la maison des Mizine, une autre vers la tour des parachutistes, et la troisième sur la voie du tramway… dans cet ordre. Chez nous, toutes les fenêtres ont été soufflées dans les deux maisons, les encadrements ont volé dans le couloir. A l’intérieur, le plâtre s’est détaché et plusieurs blocs de terre glaise ont été projetés dans la cour.»

Mardi 29 septembre 1942, 9 heures du matin

«…Je suis assise et j’écris ces mots; quelqu’un les lira peut-être un jour, il saura alors toutes les horreurs que nous avons vécues et que nous vivons encore. Voilà encore un avion, mon coeur s’arrête. On entend la sirène, et tous les organes de mon corps s’arrêtent de fonctionner, tout se fige. Que deviennent nos parents et nos amis en ville? Est-ce qu’ils sont vivants? Est-ce que nous nous reverrons un jour ? Reverra-t-on nos copines, les enfants? La guerre a éparpillé toute la famille…»

17 septembre 1942. Jeudi

« Depuis le 13 septembre, dimanche, les combats sont rudes. Du côté des Allemands des obus pleuvent, et de notre côté, les armes lourdes tonnent et frappent à partir des batteries de katiouchas. Depuis dimanche, cela fait cinq jours de bombardements continus, c’était terrifiant, il n’y a eu que quelques pauses, très brèves.

Les nuits sont plus calmes, mais on dort dans la peur, les avions volent toute la nuit sans larguer de bombes. Un avion de reconnaissance passe, et largue des lampes accrochées à des parachutes qui éclairent tout alentour. Il fait alors clair comme en plein jour.

L’avion de reconnaissance observe tout, puis, dès que le jour se lève, les bombardements reprennent. Maman, des amis et moi vivons dans le ravin, Vassia y a creusé un abri. Papa se trouve quant à lui dans l’abri de la maison, mais Sergueï Ivanovitch, un ami, passe la nuit avec lui.

De tous les bombardements, celui d’hier, le 16 septembre, a été le plus terrible. Quelle HORREUR ça a été hier, quelle HORREUR!»

Le manuscrit de Serafima Voronina

Le manuscrit de Serafima Voronina

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