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Le blog de Laurent Schietecatte, professeur d'histoire-géographie au collège Jules Verne (Nantes)

Le génocide des Arméniens

Publié le 10 Septembre 2017 par lschietecatte in histoire, génocide, Arméniens, Première guerre mondiale

Mémorial du génocide arménien à Erevan

Mémorial du génocide arménien à Erevan

Le 24 avril 1915, plus de 600 notables Arméniens sont arrêtés à Constantinople, déportés puis éliminés sur ordre du gouvernement : cette rafle marque le début du génocide des Arméniens qui fera en quelques mois environ 1,2 million de victimes, soit les 2/3 de la population arménienne de l'Empire ottoman.

Un rappel très clair en vidéo du 1er génocide du XXe siècle dont on commemore cette année le centenaire.

L’historienne Claire Mouradian revient sur le génocide dont on commémore le centenaire. L'interview est extrait du journal du CNRS.

La nuit du 24 avril 1915, début officiel du génocide, plusieurs centaines de notables et d’intellectuels arméniens de Constantinople sont arrêtés et exécutés… C.M. : Décapiter la nation est le premier acte. Il se répète dans toutes les villes provinciales. Les soldats arméniens ont déjà été désarmés, affectés à des bataillons de travail, puis exécutés. Puis vient le tour du reste de la population, femmes, enfants, vieillards, soit massacrés sur place, soit déportés le plus souvent à pied, parfois dans des wagons à bestiaux lorsqu’il existe des voies ferrées, vers les déserts de Syrie et d’Irak. Massacres, viols, enlèvements de femmes et d’enfants, sont perpétrés durant le trajet par les hommes de main de l’« Organisation spéciale », affectée aux basses œuvres, ou par les tribus kurdes, arabes ou circassiennes. Les Arméniens qui ne sont pas assassinés meurent d’épuisement lors de ces marches forcées sans eau, sans nourriture. La déportation est à la fois le principal moyen de l’extermination et celui de son camouflage. Ceux qui survivent au terme de ces marches de la mort, sont entassés dans des cavités naturelles du désert et brûlés. En une année, les 2/3 de la population arménienne de l’Empire ottoman sont décimés.

Déportés arméniens, 1915. Femmes, enfants, vieillards, sont soit massacrés sur place, soit déportés le plus souvent à pied vers les déserts de Syrie et d’Irak. (Collection/ARMENIAN NATIONAL INSTITUT)

Déportés arméniens, 1915. Femmes, enfants, vieillards, sont soit massacrés sur place, soit déportés le plus souvent à pied vers les déserts de Syrie et d’Irak. (Collection/ARMENIAN NATIONAL INSTITUT)

Des milliers d'Arméniens réussiront à échapper aux massacres et fuiront l'empire Ottoman pour constituer une véritable diaspora à travers le monde. L'extrait du journal de France 2 nous fait entendre le témoignage d'Ovsanna, qui à 10 ans, a miraculeusement échappé à la mort et immigré en France. Attention certaines images peuvent heurter la sensibilité.

Extrait du journal de France 2 (2005)

L'héritage du silence, diffusé sur France info, est un webdocumentaire réalisé par Guillaume Clere et Anna Benjamin, qui part à la rencontre de Turcs qui découvrent leurs origines arméniennes un siècle après le génocide.

"Nazli, Armen, Dogukan, Yasar sont turcs et kurdes. Mais une découverte tardive a bouleversé leur existence : ils sont aussi arméniens. Un secret d’Etat et de famille se dissimule derrière cette réalité : leurs parents ou leurs grands-parents ont survécu au génocide en dissimulant leur véritable identité."

Le génocide des Arméniens

Le papier d'Arménie de R.Wan, sorti en 2012, évoque le génocide arménien, "une fumée de martyrs que l'armée nie en bloc".

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